04.12.2011

Une première depuis 1945: un Parlement suisse sans gauche d’opposition

 

parlement ouvrier

Pour la première fois depuis 1945, le Parlement suisse va entamer une nouvelle législature sans la voix de la gauche d’opposition.

Si certains ont pu trouver anecdotique notre présence au Parlement fédéral, il reste que cette absence est révélatrice de l’incapacité de la gauche alternative de trouver une voix commune nationale par-delà les différences de sensibilités.

Il n’est en soi pas anodin d’être absent de la scène politique fédérale, même sur le mode du témoignage tribunicien; alors même que cette gauche, toutes tendances confondues, est présente dans plusieurs parlements cantonaux et se retrouve à l’exécutif dans des villes aussi négligeables que Genève, Lausanne, La Chaux-de-Fonds, Carouge, Delémont et même à la Mairie comme au Locle et Renens… Etrange situation.

Tout cela sur un fond de voix rassemblées en 2011 sur le plan national qui n’est pas en recul par rapport à 2007.

Alors ? Comment ce désastre est-t-il arrivé ?

J’ai parcouru les maigres bilans parus sur cet échec. Qu’ils proviennent du POP, du PST ou de solidaritéS, ils ont la même teneur commune: ce n’est pas le manque d’unité qui est la cause de l’échec. C’est la situation sociale qui nous est défavorable (!) C’est le manque de mobilisation citoyenne qui en est la cause (!) . Et nous voilà reparti pour une même rengaine qui refuse de voir la réalité en face.

Je passerais même par-dessus les objets de satisfaction de voir une tendance reculer moins que celle d’à côté… Tout cela serait risible, si les milieux populaires n’étaient pas en cause.

Je persiste à penser que la cause principale de cet échec de la gauche anti-capitaliste et d’opposition est dûe au refus de l’unité coûte que coûte, au refus d’écouter la base de ces partis et mouvements qui souhaitent que leurs responsables s’entendent et tirent à la même corde.

Alors qu’entre solidaritéS, le PST, le POP, les listes alternatives de Suisse alémanique, les différences de programme politique doivent être détectées à la loupe, le patriotisme d’organisation est devenu la clé de voûte de la pratique politique.

Nous sommes donc seuls responsables de ce qui nous arrive. Et la sortie de ce bourbier dépend uniquement de nous.

Pour ma part, elle passe par deux choses simples, mais essentielles:

  1. Une seule organisation multiforme, avec droit de tendances de toutes les forces et personnes qui veulent une vraie gauche d’opposition dans ce pays. Avec des élections démocratiques internes et une presse commune. Pas très différent de ce que demande La Gauche sur le plan national…

  2. Des pratiques politiques nouvelles sur le terrains des luttes sociales, qui donnent la parole aux gens et qui les aident à résister au quotidien.

Si on n’arrive pas à s’unir et agir ensemble, il faudra alors se poser la question de ce que nous avons vraiment de différent des socialistes et des verts…

29.10.2011

“Les enfants de l’euro” d’Isabelle Guisan

 

Livre Guisan

Isabelle Guisan, journaliste et écrivain nous livre la réalité vécue de la crise grecque au travers de quatorze destinées.

Bien avant que les Indignés n’occupent les places, les jeunes Grecs manifestaient déjà leur colère contre la classe politique et l’obligation de choisir entre un avenir à 600 euros ou émigrer vers nulle part.

Isabelle Guisan est partie avec les photographes Nelly Rodriguez et Alexis Voelin à leur rencontre dès le mois de février 2011 en se laissant guider par l’actualité, par le hasard aussi, pour esquisser quelques portraits en textes et images.

La Grèce parlait d’ériger un grillage sur le fleuve Evros qui la sépare de la Turquie ? Ils sont allés voir sur place, dans la petite ville frontière d’Orestiada. Ils se sont rendus aussi à Xanthi et dans la vallée des Pomaks, en Thrace toujours, pour découvrir des jeunes appartenant à la minorité musulmane.

Puis des Grecs et des enfants d’immigrés vivant sur deux Cyclades, Paros et Kéa.

Enfin Athènes bien sûr. Sans oublier des jeunes Grecs venus étudier et travailler en Suisse…»

On redécouvre une vérité première: une crise, c’est tout d’abord un ensemble de parcours humains. Hôtelière, chauffeur de taxi, militant homosexuel, insulaire, musicien, émigré: chacun de ces destins, magnifiquement dépeints par la parole et l’image, nous en dit plus long sur la réalité grecque d’aujourd’hui que toutes les analyses de presse.

Sa sortie est prévue mi-novembre. A lire le coeur serré.

30.09.2011

Je voterai Savary-Recordon

Recordon Savary

Nous ne sommes plus en 2003, ni en 1999. Le canton de Vaud depuis les dernières élections fédérales de 2007 n’a plus de représentants de la droite au Conseil des Etats. Juste retour des choses après tant d’années d’hégémonie.

Géraldine Savary et Luc Recordon ont représentés les intérêts des milieux populaires dans la chambre des cantons ces quatre dernières années.

Lorsqu’un ou deux sièges étaient détenus par la droite, il y avait sens de présenter des candidatures multiples à gauche. Pour ratisser large. Pour défendre des positions alternatives.

Je constate qu’à Genève, solidaritéS et le Parti du travail ont su déposer des listes avec leur intitulé de parti, tout en portant les noms de Liliane Maury Pasquier (PS) et Cramer (Verts) pour le Conseil des Etats…

Il y a un parfois la nécessité de sortir du sectarisme d’organisation et faire un pas vers l’autre. A moins de souhaiter que les deux sortants ne passent pas au 1er tour, pour négocier je ne sais quoi pour le 2ème tour. Ces calculs politiciens sont futiles. Toute la gauche appellera finalement à voter le ticket Savary-Recordon.

Je voterai donc sans hésiter Géraldine Savary et Luc Recordon dès le 1er tour.